Avec la réforme des retraites, les Français sont nombreux à vouloir épargner pour compléter leur pension. Comment constituer un capital pour préparer cette échéance ? Certains placements sont bien adaptés.
Constituer un patrimoine pour conserver son niveau de vie au moment de prendre sa retraite est une préoccupation majeure chez les Français. Mais vers quels placements orienter ses efforts à titre individuel ?
Pour ceux qui ne le sont pas encore, devenir propriétaire de leur résidence principale est essentiel, afin de ne plus avoir de loyer à débourser lorsqu’il faudra accepter, retraite oblige, une diminution de revenus. La réforme du Plan d’épargne-logement (PEL) applicable à partir du 1er mars 2011 devrait inciter de nombreux foyers à souscrire ce type de placement en vue d’un achat immobilier. En effet, son taux de rémunération, inchangé depuis 2003, sera désormais fixé annuellement et ne pourra plus descendre sous la barre des 2,5 % minimum par an, exonérés d’impôt jusqu’au 12e anniversaire du plan (mais pas des prélèvements sociaux). Par ailleurs, afin d’encourager l’acquisition de biens respectant les normes du développement durable, la prime d’État s’élèvera à 1.525 € dans ce cas contre 1.000 € dans le cas contraire.
Si le PEL est séduisant pour faire fructifier une épargne en toute sécurité pendant quelques années, d’autres placements plus risqués promettent de meilleures performances à long terme, et sont donc mieux adaptés à la préparation d’une retraite encore lointaine. Le plan d’épargne en actions (PEA), par exemple, offre un cadre fiscal très avantageux pour faire fructifier un capital en Bourse, sur des actions ou des sicav et fonds communs de placement (FCP) : grâce à lui, dividendes et plus-values sont exonérés d’impôt (hors prélèvements sociaux), sous réserve de n’effectuer aucun retrait avant cinq ans. Huit ans minimum après sa souscription, il sera possible d’y faire des retraits pour compléter ses revenus, sans avoir à le clôturer, ou de convertir le capital en une rente à vie, qui elle aussi sera exonérée d’impôt.
Le PEA impose toutefois une contrainte : il est réservé aux placements en actions françaises et européennes, et ne prévoit pas de support rémunéré sur lequel mettre le capital à l’abri en cas de turbulences sur les marchés financiers. En revanche, cette souplesse est offerte dans un contrat d’assurance vie multisupport. Les unités de compte (notamment les sicav et FCP) qui y sont disponibles permettent de faire fructifier l’épargne en Bourse. Mais le support « en euros » (où le capital est garanti et augmente chaque année grâce aux intérêts versés) offre un refuge rassurant pour l’investir en sécurité, en totalité ou en partie, lorsque cela s’avère préférable. Souplesse aussi à l’heure de la retraite : il sera possible de faire des retraits sur le contrat au gré de ses besoins, avec une fiscalité légère s’il a plus de 8 ans.
Dans ces contrats d’assurance vie, des fonds conçus précisément pour gérer un capital en prévision de la retraite sont parfois proposés. Par exemple, un fonds s’adresse à ceux qui vont prendre leur retraite à un horizon d’environ dix ans. Un autre est dédié à ceux pour qui cette échéance est portée à une quinzaine d’années. Et un dernier à ceux qui disposent encore de vingt ans ou plus pour préparer ce rendez-vous. Ces fonds peuvent investir sur des placements dynamiques (notamment boursiers) mais aussi sur des actifs non risqués. Les gestionnaires sont ainsi libres d’adapter leur stratégie en fonction de la situation des marchés financiers et du nombre d’années qui séparent encore chacun des fonds de la date à laquelle les souscripteurs devront puiser dans leur capital.
Le Perp est accessible à tous dès lors que l’on est majeur. Bien entendu, votre intérêt est d’en souscrire un le plus tôt possible, sachant qu’à défaut d’avoir un gros capital à investir dès le départ, il vous faudra épargner longtemps pour en tirer le meilleur profit. Le Perp se décline en deux phases : une phase d’épargne et une phase de rente. La durée de la phase d’épargne dépend de votre âge au moment de la souscription ainsi que de votre âge de départ en retraite. Ainsi, à la souscription, vous pouvez opter pour des versements libres que vous augmenterez ou diminuerez à votre guise en fonction de l’évolution de vos revenus. Si vous choisissez les versements réguliers, leur montant sera défini au préalable dans le contrat. Contrairement à d’autres placements comme l’assurance vie, vous n’aurez aucune possibilité de rachat total ou partiel. Il vous faudra attendre votre cessation d’activité pour obtenir une sortie en rente ou une sortie partielle en capital, à hauteur de 20 % du capital acquis. A titre exceptionnel, sachez qu’il est néanmoins possible de demander une sortie en capital avant la retraite, notamment si vous êtes chômeur en fin de droit. Durant la phase d’épargne, les sommes investies sont déductibles du revenu imposable dans certaines limites, soit pour les versements effectués en 2012, 10% des revenus professionnels de 2011, nets de cotisations sociales et de frais professionnels, avec un minimum de 3.535 € et un maximum de 28.282 € (à déduire, les autres cotisations d’épargne retraite versées en 2011, PERCO, article 83 ou Madelin et à rajouter les fractions des plafonds des 3 années précédentes non utilisées). A la retraite, les versements de rente ainsi que la sortie partielle en capital sont soumis à l’impôt sur le revenu selon le barème progressif, après application de l’abattement de 10 %, et aux prélèvements sociaux. A noter, cependant, que pour la sortie partielle en capital, le détenteur du Perp a la possibilité d’opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire de 7,5 %.
Réservés aux entrepreneurs individuels et à certains dirigeants de société, ainsi qu’à leurs conjoints collaborateurs, qu’ils exercent une activité commerciale, artisanale, industrielle ou libérale, les contrats Madelin servent à constituer une rente viagère liquidable à partir de l’âge de la retraite.
Prévoyant une obligation de versement annuel – modulable dans la limite d’une fourchette de 1 à 10 –, la souscription d’un contrat Madelin permet de déduire les sommes versées des bénéfices professionnels dans certaines limites, soit pour les versements effectués en 2012 :
- 10 % des bénéfices 2012 dans la limite de 290 976 € auxquels s’ajoutent 15 % sur la fraction du bénéfice comprise entre 36 372 € et 290 976 €,
- avec un minimum de 3 637 € pour les personnes dont le bénéfice 2012 est inférieur à 36 372 €.
Exemple : vous estimez votre bénéfice imposable au titre de 2012 à 150 000 €. Vos cotisations seront déductibles dans la limite de 32 044 €, soit 10 % de 150 000 € auxquels ajoutent 15 % de (150 000 € – 36 372 €).
Attention. Les sommes versées en 2012 sur un contrat Madelin viendront en déduction de votre enveloppe de déduction PERP de 2013 à l’exception des 15 % supplémentaires.
Les exploitants agricoles ainsi que leurs conjoints collaborateurs et aides familiaux non salariés, bénéficient également d’une solution équivalente aux contrats Madelin, souvent appelée par similitude « contrats Madelin agricole ». Cependant, même s’ils s’agit de contrats qui visent à la constitution régulière d’une retraite complémentaire versée sous forme de rente viagère avec la même déduction fiscale, ils se différencient des contrats Madelin, par une fourchette de cotisations de 1 à 15 (au lieu de 1 à 10) et par la possibilité de déduire les sommes versées de leur assiette de cotisations sociales obligatoires.
© Uni éditions– mai 2011

